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Rencontre avec l'écrivain Commingeois Christian Louis

Il nous parle de son roman "Saloper le paradis", édité chez "Fauves Editions". Christian Louis vient de terminer un roman historique qui se déroule en grande partie à Luchon. Après Vincent Martorell et Djalla Maria Longa, entretien avec Christian Louis.



Mardi 14 Août 2018


Christian Louis (Photo DR)
Christian Louis (Photo DR)
Quel est le thème de votre roman "Saloper le paradis" ?

Le roman publié chez Fauves Editions Paris (Michalon - L’Harmattan) articule le mécanisme à l’œuvre d’un conflit de voisinage entre un couple d'urbains venant chercher le calme dans une campagne idéalisée, et un couple d’autochtones que cette présence dérange.

Non que les arrivants soient intervenants dans la vie des locaux mais simplement parce qu’ils ne vivent pas comme eux.
Un choc de culture qui ferme les portes du dialogue. 
Mon roman traite de la difficulté contemporaine à l’empathie, au dialogue dépassionné. Et cet enfermement génère de la souffrance et de la violence.

J’ai volontairement écarté les situations caricaturales et marginales des urbains s’installant à la campagne puis demandant l’arrêt des cloches du village, pestant contre le chant du coq, le son des clochettes des vaches, l’odeur des bouses de vaches.

Ces exemples extrêmes et médiatiques existent et servent à masquer par l’absurde la réalité d’un problème plus profond, celui d’une société cloisonnée qui glisse vers la violence.

Comme pour chaque roman, l’histoire, l’anecdote sont des prétextes à dire le monde tel que je le vois. C’est aussi et surtout l’occasion de jouer avec la langue, avec la sonorité des mots, avec leur couleur, leur rythme.

Pour "Le Matin du Crocodile" (Michalon Paris), j’ai pris grand à plaisir à essayer de traduire la chaleur moite que j’ai vécu à Jakarta.

Pourquoi avoir choisi ce thème ?

Ces questions sont d’une cruelle actualité. Ces conflits constituent un énorme pourcentage des plaintes déposées en France. Ils alimentent les ordres du jour des audiences des tribunaux d’instance. Ils génèrent des pathologies lourdes, des dépressions.

Et paradoxalement, ce problème n’est pas traité, ou rarement, dans le champ romanesque.

Pourtant, il met en scène des personnages réels monstrueux qui sont de véritables mines d’inspiration littéraire. Des pervers ordinaires que l’on peut essayer de décrire, de cerner, d’intégrer dans un drame.

La question du bruit, de la destruction par le bruit n’est que peu abordée en littérature. Mais des ouvrages comme "Le Mal Propre" du philosophe Michel Serre, ou comme "Petit éloge des amoureux du silence" de Jean-Michel Delacomptée posent la problématique avec pertinence.
Mon roman est une déclinaison fictionnelle de leurs constats et de leurs analyses.

Un roman vécu ou une fiction ?

Il s’agit bien d’une fiction qui repose sur l’observation de l’attitude de personnes bien réelles, sur une analyse de faits divers locaux qui se sont produits ces dernières années.

Le roman synthétise plusieurs cas réels.

Lors de séances de dédicaces, presque tous les lecteurs disent se reconnaitre dans les victimes, disent reconnaitre leur village, leur quartier, leur voisin, et ce dans des lieux très éloignés, aussi bien en Bretagne qu’en Ariège, dans le Centre ou en Provence.

Cette identification aux personnages montre bien à quel point ce problème est répandu. Des lecteurs me disent que mon histoire à délié des langues, a généré de la discussion, de la prise de conscience chez des victimes qui réalisent qu’elles ne sont pas les seules à vivre ces situations.

La mise en lumière de turpitudes cachées a produit des attitudes intéressantes, quand des agresseurs du quotidien enfin dévoilés, ce que j’appelle les délinquants ruraux, n’osent plus embêter les voisins.

C’est du moins ce qui m’est rapporté : le roman agit sur le réel.

Voilà pourquoi, au côté d’une diffusion classique par les libraires, par Amazon et la Fnac, je constate que ce roman circule de main en main.   
 
Pouvez-vous vous présentez aux lecteurs de "Luchon Mag" ?

Je suis Commingeois, issu d’une famille qui était installée dans le luchonnais depuis au moins 1660, date limite actuelle de mon arbre généalogique.

Pyrénéen amoureux de la liberté de vue des crêtes et citoyen du monde, je suis professeur agrégé d’arts plastiques après des études à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et aux Beaux-Arts.

Artiste plasticien exposant en France et à l’étranger dans des galeries, musées et centres d'art, je crée des sculptures monumentales (Archétype Agora pour Amnesty International), des vidéos, des installations, ainsi que de la peinture. Auteur d’une soixantaine d’ouvrages publiés, des romans, des livres d’art, des ouvrages de didactique, des albums, des romans jeunesse (Prix National des Conseiller Pédagogiques pour La Sentinelle des collines). Directeur de collection chez Ebla Paris. 
Je suis avant tout un curieux du monde et des hommes, un observateur critique, un créatif qui ne s’interdit aucun support. Mes voyages lointains constituent des sources de récits et d'œuvres, tout comme mon environnement immédiat.  

Un prochain roman en préparation ?

J’ai terminé un volumineux roman historique qui se déroule en grande partie à Luchon. Il est à l’étude chez plusieurs éditeurs, en attente de réponse.

J’écris actuellement un roman qui est l’occasion de décortiquer les coulisses d’une petite ville du piémont pyrénéen. 

Quelle est votre actualité littéraire des prochains mois ?

Quelques premières dates. Je dédicacerai mon roman "Saloper le paradis" pour la journée du patrimoine le 16 septembre au Salon du livre de Saint-Lary, en Ariège, les 6 et 7 octobre à Toulouse au Salon du Livre des Gourmets des Lettres (Hôtel d’Assezat), les 27 et 28 octobre au Salon du Livre de Lectoure, dans le Gers, les 1er et 2 décembre au Salon du Livre d’Auch, le 15 décembre à 18h conférence sur mon roman et lectures d’extraits au Casino de Barbazan, en Haute-Garonne.

Les signatures chez les libraires seront communiquées sur ma page Facebook (ici) et dans la presse locale.

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