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Les Rostand et Luchon

Les 19, 20 et 21 septembre, Luchon propose le Festival Rostand. Hôte pendant plus de vingt-ans de la cité thermale, Edmond Rostand écrivit beaucoup sur Luchon ainsi que son père et sa femme Rosemonde Gérard.



Lundi 10 Septembre 2018
Christian de Miégeville


Les Rostand et Luchon
L’année 2018 commémore les cent cinquante ans de la naissance et les cent ans de la disparition d’Edmond Rostand. Un éminent conférencier, une lecture-spectacle en création et la pièce Cyrano de Bergerac seront proposés en hommage au fantastique dramaturge.

"Luchon Mag" publie à partir de ce lundi 10 septembre, une série d’articles de Christian de Miégeville, président de l’association "Luchon d’Antan" sur la famille Rostand et en particularité sur leur séjour à Luchon.

Des documents exceptionnels, jamais reproduits, illustreront ses propos.

Et pour commencer, dans le jeu des sept familles, chez les Rostand, je choisis le père ! Eugène Rostand (1843-1915).

Eugène Rostand (1843 - 1915)

Eugène Rostand (Collection Musée d'Arnaga)
Eugène Rostand (Collection Musée d'Arnaga)
Cette célèbre famille qui a donné à la littérature française une gloire telle qu’Edmond Rostand, peut s’enorgueillir du mérite d’avoir aussi engendré Eugène Rostand. D’abord poète, essayiste puis économiste, il fut à jamais un penseur social d’une extrême productivité.

Il devient avocat à Lyon puis à Marseille après la guerre franco-allemande de 1870, et s’attache aux lettres.

Délégué à l’instruction publique et aux beaux-arts, il obtient à l’institution de nouveaux cours sur la peinture et les arts auxiliaires de l’industrie en 1877. Il entreprend également un combat pour la reconnaissance légale du statut associatif à but non lucratif.

Adjoint au maire de Marseille en 1877, d'opinion bonapartiste *, conservateur et libéral, il se présente sans succès à la députation.

Il sera battu en 1876 à Marseille puis 1881 à Castellane par un élu de la gauche modérée.

Il dirige le "Journal de Marseille", dont l’âme est son beau-père, l'armateur Jules Gayet.

Soucieux de problèmes sociaux , il devient président-fondateur de la Société des habitations salubres et à bon marché et de l'Assistance par le travail de Marseille, président du Comité départemental des habitations à bon marché des Bouches-du-Rhône, fondateur de Pierre du Foyer, de la Société de Crédit Immobilier, des Caisses de Crédit agricole et autres jardins ouvriers, membre du Conseil supérieur des habitations à bon marché, du Conseil supérieur de la mutualité, du Conseil supérieur des Sociétés de Secours mutuels et du comité de l’Alliance coopérative internationale.

On le voit, il sera toute sa vie attaché au bien être de ses contemporains.

Président de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille et de la Société d'économie sociale, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1898.

Les Rostand à Luchon

(Photo : collection particulière Christian de Miégeville)
(Photo : collection particulière Christian de Miégeville)
Marseille était au XIXe siècle un haut lieu d'épidémies apportées par les bateaux dont les chargements étaient contaminés. Le choléra, la typhoïde et surtout la variole sévissaient. On craignait pour les enfants et Luchon connu pour être un haut lieu de villégiature, ensoleillé et frais en été, abrita la famille Rostand. Ils y vinrent à partir de la fin des années 1860 pour y passer trois mois l'été.
 

Grand Chalet Spon (Photo : collection particulière Christian de Miégeville)
Grand Chalet Spon (Photo : collection particulière Christian de Miégeville)
Ils louèrent plusieurs villas dont un étage au grand chalet Spont, Allées d'Etigny, avant de faire construire en 1872 une villa en bord de Pique, sur un terrain acheté au maire de la ville Charles Tron en 1871. Villa qui fut baptisée villa "Julia", diminutif de Juliette, leur fille aînée.

 

Villa Julia (Photo de 1906 environ. Collection particulière Christian de Miégeville)
Villa Julia (Photo de 1906 environ. Collection particulière Christian de Miégeville)
Les maçonneries élégantes, les revêtements de pitchpin et les toitures ardoisées se dressent toujours aux bords de la Pique, ce gave aux eaux chantantes. La demeure est toujours un havre de paix.
 
Sur la photo ci-dessus, on aperçoit Eugène au balcon. Assis, Pierre de Margerie époux de Jeanne Rostand (1879-1922) , fille d’Eugène. L’enfant est le fils du couple : Roland. A droite Mme Rostand et Jeanne.

S'impliquant dans la vie sociale et politique de Luchon, Eugène Rostand deviendra un membre de la toute jeune "Académie Julien Sacaze" fondée en 1888. Il suivra les conférences et les excursions organisées par l'association.

En 1885, il se présente à la députation pour Luchon. En tête des suffrages, l'altruiste Eugène se retire de la course. Sera élu Jacques Piou extrême droite. (Voir ci-après article du "Journal de Toulouse" en date du 11 octobre 1885).

Il publiera plus d'une quarantaine d'ouvrages, humanistes, politiques et divers oratorios comme Ruth, oratorio en trois parties, piano et chant, avec une musique de son frère Alexis Rostand en 1872, des volumes de vers, ainsi qu'une traduction du poète latin Catulle (1879), distingué par le prix Janin, décerné par l'Académie française. Il fit paraître des Ébauches (1865), La Seconde page (1866), Poésies simples (1874), et Les Sentiers unis (1885).
C'est dans les Sentiers Unis qu'il magnifie Luchon. On retrouvera dans la lecture-spectacle quelques uns de ses poèmes.

Humaniste, engagé, poète, journaliste, Eugène Rostand eut assurément une influence considérable sur la vie de son fils Edmond Rostand.

D'une personnalité sans doute influente envers son fils sensible et délicat, il représenta tout de même un père aimant, qui communiqua son amour de la poésie à celui qui allait devenir l'un des plus grands dramaturges du XXème siècle.
 
 
Les Rostand et Luchon


















Dans le poème Angulus, on sent l'amour qu' Eugène porte à sa femme, Angèle et à son nouveau-né, Edmond, dans le cadre idyllique de la villa à Luchon.


Près de la rivière
Murmurant aux fins galets
De sa chanson familière                                                                                    
Les capricieux couplets,

Le mignon chalet dessine
Ses ardoises, ses sapins
Encor gommés de résine,
Tous ses gais profils alpins.
............................................
C'est le matin, la fenêtre
S'est entr'ouverte : en peignoir
Une ombre vient d'apparaître,
Svelte, très blonde et l'œil noir,

Tenant entre ses bras roses
Un dernier-né, qui lui rit...
Fleurs, enfance ensemble écloses,
Jeune mère, tout fleuri

Dans ce beau cadre tranquille...
Retombez, rideaux épais :
Le chalet est un asile
De bonheur doux et de paix.

Angulus. Eugène Rostand

* Le mouvement Bonapartiste

La chute de Sedan le 4 Septembre 1870 précipite aussi celle du Second Empire. La République à peine proclamée est déjà menacée par les monarchistes et les Bonapartistes.

Ces derniers se regroupent politiquement dans le mouvement "l’Appel au Peuple". Lors de la première législature de 1871, c’est 20 députés bonapartistes qui vont venir alors cohabiter avec les 396 royalistes élus face aux républicains qui ont rassemblés 221 sièges.

La dissolution de la Chambre en 1877, après l’échec de tentative de restauration de la monarchie, va permettre aux Bonapartistes de faire élire 104 députés.

"L’Appel au Peuple" est à son apogée. Il est la 3e force politique du pays. Mais le succès va être brisé net avec la mort du Prince héritier Louis-Napoléon IV (1879) puis par le manque de charisme politique de son successeur le Prince Victor Napoléon V.

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