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Les Rostand et Luchon (3)

Les 19, 20 et 21 septembre, Luchon propose le Festival Rostand. Hôte pendant plus de vingt-ans de la cité thermale, Edmond Rostand écrivit beaucoup sur Luchon ainsi que son père et sa femme Rosemonde Gérard. Depuis lundi, "Luchon Mag" publie une série d’articles de Christian de Miégeville, président de l’association "Luchon d’Antan" sur la famille Rostand et en particularité sur leur séjour à Luchon. Des documents exceptionnels, jamais reproduits, illustrent ses propos. Après le père Eugène, l'oncle Alexis, voici aujourd'hui Rosemonde...



Mercredi 12 Septembre 2018
Christian de Miégeville


Rosemonde Gérard par Hélène Dufau (Collection particulière Christian de Miégeville)
Rosemonde Gérard par Hélène Dufau (Collection particulière Christian de Miégeville)

Louise Rose Etiennette Gérard, dite Rosemonde, est née de "père et de mère inconnus" comme le précise son acte de naissance. Son père le comte Louis Maurice Gérard (1819-1880), fils du Maréchal Etienne Maurice Gérard (1773-1852) héros de Wagram, la reconnaît en 1868 et lui lègue sa fortune à sa mort en 1880.

Sa mère est Rosemonde de Valence dont elle adopte le prénom pour jouer et écrire. Mais, ne peut-on y voir un clin d’œil au prénom de son futur mari ?

Elle a eu pour parrain le poète Leconte de Lisle.

Son père, le comte Gérard, meurt jeune et Alexandre Dumas fils devient son tuteur.

Ce même Alexandre Dumas fils qui vint à Luchon en compagnie de la princesse vers 1860 et l’épousa en décembre 1864.

Rosemonde est donc la petite fille d’un grand homme tour à tour baron d’Empire, général, maréchal puis ministre de la Guerre et président du Conseil en 1833.

Cette famille célèbre descend de Madame de Genlis (1746-1830), grand-mère de la femme du Maréchal Gérard, gouvernante des princes d’Orléans, notamment du futur roi Louis-Philippe.

Belle, intelligente et fortunée, elle reçoit la meilleure éducation de l’époque et évolue dans les plus hautes sphères littéraires.
 


Car, vois-tu chaque jour je t'aime davantage,
Aujourd’hui plus qu'hier et bien moins que demain.

Rosemonde Gérard. L’éternelle chanson. 1889
 

Villa Narischkine à Luchon. (Photographie Soulé : Collection Ch. de Miégeville)
Villa Narischkine à Luchon. (Photographie Soulé : Collection Ch. de Miégeville)

La rencontre

Edmond et Rosemonde. (Collection Arnaga)
Edmond et Rosemonde. (Collection Arnaga)
Revenant d'un voyage d'affaires, sur la ligne de Montréjeau à Luchon, en été 1886, Eugène Rostand, le père d’Edmond s’asseoit dans le même compartiment qu'une dame et une jeune fille.

La dame se fait passer pour la gouvernante de la jeune fille. Elle est sa mère !

Après quelques instants, la conversation s'engage. Eugène Rostand décrit à ces dames les merveilles du pays qu'elles traversent et qui était jusqu'alors inconnu pour elles.

Puis, la conversation prend l'allure d'une causerie littéraire, poétique.

En arrivant à Luchon, Mademoiselle Lee était devenue très amie avec ce Monsieur si doux qui invita ces dames à venir à la villa "Julia".

Edmond Rostand, adolescent, déjà, installait une scène dans le jardin de la villa "Julia", et avec ses amis, il y jouait de courtes pièces et sa sœur jouait du piano.

Un certain jour, la blonde jeune fille entra dans la troupe d'amateurs.

C’est ainsi qu’Edmond, conquis, fait la connaissance de sa future femme : Rosemonde. Ils ont tous les deux vingt ans. L’amour nait rapidement, sous le regard bienveillant de la famille Rostand.

Madame Lee est un peu moins enthousiaste, semble-t-il.

Ils s’épousèrent en 1890 et elle eut le musicien Jules Massenet comme témoin.
 
Il lui semblait que le temps et l’attention qu’elle vouerait à son œuvre personnelle risqueraient de nuire à celle d’Edmond Rostand. (Maurice Rostand)

Programme d’une soirée à la villa "Julia". (Avec l’aimable autorisation de Mme et M. Godfrin)
Programme d’une soirée à la villa "Julia". (Avec l’aimable autorisation de Mme et M. Godfrin)

Collection Arnaga
Collection Arnaga
Cette amoureuse de la littérature publie en 1889 un ouvrage de poésies :" Les Pipeaux" couronné par l’Académie française.

Elle sent très tôt que son "angoissé" de mari a besoin d’elle pour enfanter ce qui deviendra une œuvre.

Elle est sa muse, sa documentaliste, son infirmière, sa fée et abandonne sa carrière de poétesse pour se consacrer à son illustre mari.

Subjuguée par le talent de son époux, elle choisit de sacrifier sa carrière pour servir la gloire de son poète.

Cependant, l’installation au Pays basque vers 1902 se révèle très dure pour cette femme habituée aux salons et aux mondanités de la vie parisienne.
N’est-ce pas la nature seule qui retient Edmond Rostand dans ce Pays basque où il n’y avait pas une seule des choses qui amusent les gens de Paris : pas un plaisir, pas une distraction, pas un théâtre..." (Rosemonde Gérard)

Est-ce l’éloignement de la capitale, en même temps que la santé se dégradant d’Edmond qui fait que leur relation se détériore ?

Elle prend des amants, lui des maîtresses.

En 1911, la seconde édition des Musardises, d’Edmond, ne compte plus les poèmes consacrés à Rosemonde. Ils se séparent en 1911, même s’ils ne divorcent pas, chacun gardant auprès de lui un enfant. Jean restera avec son père, et Maurice, le poète et romancier, avec Rosemonde.

Elle se lie en 1909 avec Tiarko Richepin, compositeur fils du poète Jean Richepin, de vingt ans son cadet, ami de Maurice.
 


Rosemonde et son fils Maurice, le grand amour de sa vie (Collection Arnaga)
Rosemonde et son fils Maurice, le grand amour de sa vie (Collection Arnaga)

Écrivant de nouveau, Rosemonde publie "L’Arc-en-ciel" en 1926 qui lui vaut les honneurs de l’Académie française. Un grand nombre de ses poèmes sont mis en musique, par Emmanuel Chabrier notamment.

Elle travaille régulièrement avec son fils Maurice et signe de nombreuses pièces de théâtre comme l’adaptation d’"Un Bon Petit Diabl" ou de "La Marchande d’Allumettes".

Admirative de son défunt époux, elle lui dédie une biographie en 1935 où elle lui rend un hommage vibrant.

En 1931 elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur.

Elle a été membre du jury du Prix Femina.

Plus que comédienne, elle a surtout été poète. Elle a parfois joué la comédie, comme dans le rôle de Roxane de Cyrano de Bergerac, avec Sarah Bernhardt lui donnant la réplique en "Cyrano".

Elle décédera à Paris en 1953
 
 
 


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