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Festival TV de Luchon : entretien avec Hélène Jousse, auteure du roman "Les mains de Louis Braille" et marraine du trophée "Mengue"

Rencontre avec Hélène Jousse dont son roman publié aux éditions JC Lattès sort en librairies, ce mercredi 6 février. Egalement sculptrice, elle est la marraine du trophée "Mengue" qui sera remis à l'occasion de la 21ème édition du Festival des Créations Télévisuelles de Luchon. Hélène Jousse rencontrera ses lecteurs et dédicacera son roman, jeudi, sur les allées d'Etigny, à la Librairie des Thermes, dans le cadre du Festival TV qui se déroule dans notre cité du 6 au 10 février.



Mardi 5 Février 2019


Hélène Jousse (Crédit photo : Patrice Normand / Ed. JC Lattès)
Hélène Jousse (Crédit photo : Patrice Normand / Ed. JC Lattès)
Hélène Jousse vous êtes la marraine  du trophée "Mengue", trophée d’honneur  qui sera remis pour le vingt et unième  Festival TV de Luchon, pourquoi avez vous été choisie ?
 
Le délégué général du festival, Christian Cappe, souhaitait que ce soit un sculpteur qui parraine l’évènement qu’est ce nouveau trophée. Il a été fondu en bronze à partir d’une œuvre de 1927, le pâtre du  sculpteur Mengue.  Mengue est un grand artiste qui a fait sa carrière à Paris mais qui est d’origine luchonnaise (lire ici).

La famille Mengue , plus particulièrement Mathieu Bretillard-Mengue,  suit depuis longtemps mon travail artistique et l’apprécie assez pour souhaiter que ce soient mes mains de sculpteur qui remettent  ce premier trophée réalisé par leur ascendant. Cette dimension symbolique, ce relais de sculpteur à sculpteur était important.
 
Vous sculptez, vous écrivez également, comment s’est articulé tout cela ? 
 
 J’ai toujours écrit en même temps que je pratiquais la sculpture, depuis 25 ans, mais c’étaient des textes courts, des articles sur des artistes ou des nouvelles. Ce livre est mon premier roman et étrangement c’est grâce à mon métier de sculpteur qu’il a vu le jour. 
 
"Les mains de Louis Braille", votre roman qui sort aujourd’hui en librairie n’est pas sans rapport avec le cinéma.  Comment est né ce livre ?
 
J’avais depuis très longtemps commencé à écrire sur la vie de Louis Braille que j’avais découverte en lisant un livre pour enfant à l’un de mes fils, il y a quatorze ans. Je m’étais aperçue que je ne connaissais rien de ce génie qui a seize ans a inventé une écriture pour aveugle utilisée dans le monde entier.

Lorsque j’avais questionné autour de moi j’ai compris que je n’étais pas la seule à ignorer qui se cache derrière ce mot, le braille. J’ai alors écrit un scénario. Mais il n’a pas été facile de trouver un producteur à l’époque
 
C’est ce qui vous a poussé à en faire un livre ? Pourquoi avoir tant attendu ?
 
Il me fallait un déclic pour m’y remettre, probablement... Et puis il y a deux ans un jeune réfugié syrien devenu aveugle à la suite d’un bombardement est venu me demander de le faire sculpter.

Son histoire et sa présence à mes cotés m’ont bouleversée et je me suis immédiatement remise à l’écriture. Un roman, cette fois,  un roman sur Louis Braille mais aussi sur celle qui le découvre. 
 
Vous parlez de Constance, l’héroïne de votre roman qui est scénariste ? Parlez nous d’elle.
 
Ce roman est aussi  l’histoire d’une scénariste d’une quarantaine d’année qui se trouve à un moment très difficile de sa vie, et à qui on demande d’écrire un film sur Braille. En découvrant la vie de cet enfant qui la chavire, elle va voir sa propre vie transformée. Louis Braille est une rencontre, une vraie rencontre. Constance vit une histoire avec lui.
 
Mais Louis  Braille a vécu au début du XIXème siècle...
 
Des être que nous n’avons jamais croisés, d’un tout autre siècle, d’un tout autre monde que le notre, voire des personnages de fiction rencontrés dans des romans peuvent tout à fait  nous changer profondément, dévier le cours de  notre vie. 

C’est ce qui arrive à mon héroïne. Les vrais évènements d’une vie ne sont pas toujours des faits, ce sont souvent des évènements intérieurs et intimes.
 
C’est un peu ce qui vous est  arrivé… ?
 
Louis a réveillé quelque chose en moi, oui. Ne serait-ce que l’écriture, cette plongée au long court qu’est l’écriture d’un roman. Et puis d’autres choses… que je ne saurais pas formuler encore.
 
Quelle leçon nous donne Louis Braille ?
 
Il était tout sauf un donneur de leçons, c’est bien pour cela qu’il nous en donne une sacrée.

Louis l’aveugle ne dit rien mais il nous montre, il nous donne à voir. Sa vie est à regarder comme on regarderait un film en se laissant porter par l’énergie, le génie et la générosité inouïe qui le portaient lui.
 
La scénariste, Constance, est émerveillé pas l’enfant Louis et parle très peu de lui adulte, pourquoi ?
 
Elle n’a pas d’enfant et elle est bouleversée par Louis qui a douze ans se jure  "je ferai lire les aveugles un jour…"

C’est pour tous les autres aveugles qu’il a ouvert les livres. Il n’en a pas profité.
    
Quels seront vos prochains projets, ou rendez vous  ?
 
Grâce à l’écriture de ce livre, un monde qui m’était inconnu s’est ouvert pour moi. J’ai rencontré beaucoup de gens étonnants qui, aveugles ou pas, travaillent sur la cécité. J’ai donc pas mal de projets qui prolongent mon livre, un documentaire, un colloque qui rassemblera chercheurs historiens et artistes. Et puis ma prochaine exposition de sculpture sera guidée par des aveugles et mise en scène pour eux. C’était la moindre des choses.
 
 

Festival TV de Luchon : rencontre avec l’auteure, jeudi 7 février à 17 heures, à la Librairie des Thermes


Le site internet d'Hélène Jousse


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