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De l'Aneto au Népal : rencontre avec David Labarre, non voyant, après son premier défi réussi sur le toit des Pyrénées

Rencontre estivale avec David Labarre. Non-voyant, ancien capitaine de l'équipe de France de Cécifoot, il s'est lancé dans un défi étonnant et incroyable : escalader quatre hauts sommets mondiaux, en deux ans. Le 27 juin dernier, il a réussi son premier défi, avec l’Aneto (3.404 mètres d'altitude), le point culminant des Pyrénées. L'an dernier, lors des élections législatives, nous avions suivi David, alors candidat "Résistons!", sous les couleurs du député pyrénéen Jean Lassalle, dans la 8ème circonscription du Comminges-Savès. De passage à Luchon, je l'ai rencontré aux Galeries Gourmandes, chez Michel Montsarrat, qui, en 2017, était également candidat aux législatives, mais sous la bannière "En Marche". Avec beaucoup d'humilité, David répond à mes questions sur son défi. A ses côtés, son ami fidèle Philippe Teigny.



Jeudi 2 Août 2018


David écoute le teaser du futur film de ses défis (Photo © Paul Tian)
David écoute le teaser du futur film de ses défis (Photo © Paul Tian)
David, pourquoi as-tu décidé de relever ce défi de grimper ces quatre sommets ?
 
J’ai arrêté aujourd’hui ma carrière de sportif de haut niveau en cécifoot, que ce soit en club ou en équipe de France et j’avais envie de revenir vers mes racines pyrénéennes et de partager une nouvelle aventure avec la montagne. Ma sœur m’a parlé de Pierre Périssé, un guide de haute-montagne en Ariège qu’elle connaissait. Je lui ai téléphoné. Le courant est passé entre nous, on a longuement parlé ensemble des Pyrénées, mais aussi du Toubkal, le plus haut sommet d’Afrique du Nord, du Mont-Blanc, le plus haut sommet d’Europe, et d’un sommet au Népal. Et c’est ainsi qu'est né ce défi de gravir ces quatre sommets d’ici 2020.
 
Il y a une raison particulière pour ce défi que tu t’es lancé ?
 
Bien sûr, je grimpe pour moi, car je veux faire passer un message : j’ai détesté faire de la politique mais j'entends faire de la politique autrement. Mais je ne le fais pas que pour moi. Aujourd’hui on lève des fonds pour les enfants malades de l’hôpital Purpan à Toulouse. Et chaque sommet aura une connotation humaniste pour aider les enfants…
 
Comment s’est déroulée ta préparation pour ce premier défi de l’Aneto ?
 
J’avais fait de l’escalade quand j’étais môme, mais sans plus. Par contre j’ai grandi dans les Pyrénées, mais je n’avais jamais fait de haute-montagne. J’ai travaillé en salle de sport à Toulouse et j’ai eu la chance de rencontrer le patron d’Altissimo (leader en France des salles 100% escalade NDLR) qui m’a permis de m’entraîner sans limite pendant un an, après la campagne des législatives.
 
L’escalade c’est moins dur ou plus dur que la politique ?
 
C’est plus dur pour le corps, mais la politique, pour le mental c’est très très dur, il faut avoir le cuir qui résiste… (rire).
 
Pour relever ces nouveaux défis, il a fallu que tu trouves des sponsors ?
 
J’ai derrière moi le TFC (Toulouse Football Club), j’ai une très bonne relation avec le président, et aussi Altissimo. Je pense qu’ils vont me suivre pour les deux prochaines années.

Et puis, il y a Philippe qui n’est pas un sponsor mais qui est à mes côtés et qui pilote tout. Il n’est pas monté sur l’Aneto, il est resté en bas, ce n’est pas un montagnard (éclats de rire), mais sans lui je ne pourrai pas relever de tels défis…
 
Quelle a été ta sensation quand tu es arrivé en haut de l’Aneto ?
 
J’ai pensé à ma vie. J’ai grandi ici en Comminges, j’ai perdu mes parents et en haut de l’Aneto, j’ai pensé de suite à eux…

Arrivé sur le toit des Pyrénées, c’est quand même un symbole pour nous qui aimons ces montagnes, ce sont mes racines qui ont refait surface immédiatement.

Tu penses aux gens qui t’ont entouré, à ta famille, aux amis… à Philippe aussi qui est resté en bas, car sans lui l’expédition n’aurait pas eu lieu.

Ma mère était dans mes pensées pendant toute l’ascension aussi… Elle adorait les Pyrénées…

C’est un peu une sorte d’hommage que je rends à tout le monde en me retrouvant sur l’Aneto.
 
En conclusion David...
 
Le cécifoot a été un sport accessible pour moi, par contre l’alpinisme, la montagne, à la base, ce n’est pas fait pour moi. Et ça c’est très fort, car je suis obligé de m’adapter à la montagne. Il y a une forme de fierté derrière tout ça... Et au final, je veux montrer aux enfants que, malgré la maladie, on peut faire plein de choses.

4 sommets, un film

David Labarre entouré de Philippe Teigny et Michel Montsarrat (Photo © Paul Tian)
David Labarre entouré de Philippe Teigny et Michel Montsarrat (Photo © Paul Tian)
Philippe, je me tourne maintenant vers toi. On vient de regarder ce teaser, peux-tu me parler du projet de film ?
 
Le film est prévu pour une durée de 52 minutes, mais c’est un énorme budget et aujourd’hui on a besoin de trouver des financements, ce que l’on a bon espoir de trouver.

On a quand même 99% de la réussite du film parce qu’il fallait trouver des gens qui partagent le projet, l’esprit de David, qui partagent les valeurs de David et pas seulement qui montent en haut pour filmer et faire les beaux, mais il fallait qu’on trouve des gens capables de filmer dans des conditions extrêmes.

Pour l’Aneto, c’était encore assez accessible pour des gens voyants, mais après, monter à 7.000 mètres au Népal, il faut trouver une équipe qui suit physiquement, sportivement et techniquement.

Et cette équipe on l’a…
 
Le film, on espère qu’il va donner une exemplarité à tous les gens qui ont des emmerdements dans leur vie. Il ne s’agit pas de glorifier la vie, mais c’est un film à la gloire des gens qui ont envie de faire autre chose.

Tu peux avoir plusieurs vies après une vie. Ce n’est surtout pas un film sur les handicapés…
 
Le film sortira quand David aura terminé ses trois autres sommets, d’ici deux ans et demi si tout se passe comme prévu...

Sponsors, bienvenus

Partenaires financiers, vous pouvez contacter David à l'adresse mail suivante :
  • davidlabarre@gmail.com
 
David Labarre sur le toit des Pyrénées (Photo Facebook)
David Labarre sur le toit des Pyrénées (Photo Facebook)


1.Posté par Lauwers le 02/08/2018 21:13
Mais Paul ! Il faut vous rendre à l'évidence !! ce n'est plus ces surpassements humains, ces admirables aventures, ces témoignages d'amour du cadeau de la vie qui font le "buzz" aujourd'hui !
Merci quand même de vous battre encore...malgré TOUT.......

2.Posté par Lydie Guérineau le 02/08/2018 21:48
Belle interview.
Un lien vers le teaser serait pas mal. Pouvez-vous être un peu plus précis sur: "Aujourd’hui on lève des fonds pour les enfants malades de l’hôpital Purpan à Toulouse. Et chaque sommet aura une connotation humaniste pour aider les enfants…", Vous les levez comment? Aujourd'hui!
Car en fin de ce texte, je lis surtout un appel à sponsor pour un film qui sortira dans 2 ans. Est-ce que ce sont les retombées du film qui sont sensés revenir aux enfants malade de l'hôpital Purpan, à terme?

3.Posté par Paul Tian le 02/08/2018 22:26
Bonsoir Lydie
C'était juste une exclusivité... pour le lien, ce sera pour plus tard

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