luchonmag
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Bourg d'Oueil : reportage dans la plus petite station des Pyrénées

Depuis cette année, la station de Bourg d'Oueil, comme celles du Mourtis et de Luchon-Superbagnères sont dans le giron du département de la Haute-Garonne. Le changement de gouvernance est-il perceptible dans la plus petite station des Pyrénées ?



Mercredi 6 Mars 2019
Nadyne Vern-Frouillou


(Photo © Nadyne Vern Frouillou)
(Photo © Nadyne Vern Frouillou)
Qu'en est-il de la station de Bourg d'Oueil "nouvelle formule" ? Innovation en effet puisque les stations de Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d'Oueil sont prises en mains par le département de la Haute-Garonne qui a créé un syndicat pour gérer les trois stations.

Le changement administratif est-il vraiment perceptible pour le public ?

L'ambiance chaleureuse et bonne enfant de la station familiale entièrement gérée par des bénévoles a-t-elle vraiment et visiblement changée depuis la mutualisation des stations de Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d'Oueil ?  

Lors du récent article (lire ici) relatant l'entretien de "Luchon Mag" avec le maire et bénévole très actif , Monsieur Jamme avait expliqué ce qui allait être modifié, précisant que tout serait fait pour que le public ne trouve pas de changements négatifs.

Les modifications sont cependant toujours source de perte d'habitudes et donc, parfois, de mécontentement.

Les premiers choqués sont les bénévoles qui ont été remplacés par des perchistes. Ils se sont sentis rejetés et regrettant cet agréable contact avec les skieurs, la plupart ont carrément abandonné l'équipe de bénévoles.

Du côté des bénévoles, on relativise un peu en se réjouissant, non pas que les perchistes bénévoles, qui faisaient très bien leur travail, aient disparu mais que la présence de professionnels simplifie la maintenance et les problèmes techniques qui pouvaient parfois subvenir.

Du côté des skieurs, on regrette que les professionnels ne soient pas toujours aussi aimables, ne reconnaissent pas les habitués, arrêtent un des trois remonte-pentes au moment de la pause-repas.

Responsable des professionnels, Luc (du Mourtis) explique qu'il veille à ce que tout le monde soit aimable. Les perchistes viennent du Mourtis, les pisteurs et le dameur de Superbagnères.

"Cette répartition n'est pas notre fait, ce choix a été fait par les administrateurs" précise Luc qui précise qu'effectivement, les professionnels bénéficient de jours de repos et sont de ce fait remplacés.

Si le remonte-pente central est arrêté pour la pause-repas, les deux autres permettent d'accéder à toutes les pistes et donc personne n'est pénalisé par cet arrêt, d'autant qu'à cette heure-là, les skieurs sont aussi un peu moins nombreux et n'allongent pas les files d'attente des deux remonte-pente qui fonctionnent .

Bénévole, spécialiste de la vinaigrette (!) et champion es-gaufres, Monsieur Demeule, ancien maire de Cirès a trouvé sa reconversion et explique :

"Avant les bénévoles ne faisaient pas plus de demi-heure d'affilée aux perches et s'il avaient envie ou besoin d'une pause, ils appelaient un autre bénévole et ainsi, il n'y avait jamais d'interruption. Les professionnels sont à leur poste de 9h à midi et de 14h à 17h. On comprend qu'ils aient besoin de s'arrêter, à tour de rôle, trois quart d'heure pour le repas."

Depuis son chalet, une skieuse admire chaque soir la dameuse qui éclaire toute la montagne  "c'est magnifique ! Mais le dameur travaille au moins six heures dès que la nuit est tombée".

Une toute nouvelle skieuse qui découvre Bourg d'Oueil sous un soleil magnifique après une journée à Superbagnères dans le brouillard est enchantée de l'ambiance familiale :

"Quelle différence avec Superbagnères où je ne suis pas prête à remettre les pieds".

Pour adoucir son jugement catégorique, on lui dit que la veille, le temps était aussi gris à Bourg d'Oueil !

"Je sais, mais ici on voyait les pistes, à Superbagnères on n'y voyait pas à deux mètres !"

Aussi difficile à convaincre que cette dame furieuse du dénivelé des pistes bleues et vertes tant à Superbagnères qu'à Bourg d'Oueil expliquant, geste à l'appui, quelles formes seraient idéales !

On suggère que cette personne vienne avec une pioche et une pelle pour modeler la montagne à son goût !

Dans la partie réservée aux bénévoles, location du matériel et restauration, tout le monde s'active avec autant d'enthousiasme. Les prix défient toujours toute concurrence et la qualité et quantité des  produits est toujours aussi satisfaisante pour les gourmets et gourmands affamés après des heures de ski ou de luge : les crêpes sont succulentes, les croque-monsieur généreusement garnis, les sandwiches débordent de beurre et de savoureux jambon blanc ou de pays. Et le vin chaud de 15h a toujours ses adeptes !

Un aspect positif de la modification administrative : on peut payer les forfaits par carte bancaire.

Bourg d'Oueil est la station rêvée pour les enfants et les adultes débutants pour qui, seuls manquent des moniteurs qui sont vivement espérés pour la saison prochaine.

Si en confectionnant ses gaufres, Monsieur Demeule me fait remarquer les âges des clients de Bourg d'Oueil en voyant la file de gamins au remonte-pente et la dominante de cheveux blancs des grands-parents qui les accompagnent, il faut aussi voir les nombreux jeunes parents et parler du bonheur pour cette loueuse de gîte en voyant arriver une bande de jeunes d'une vingtaine d'années.

Bonheur et étonnement qui la pousse à demander leur motivation dans le choix de Bourg d'Oueil :

"Tout simplement parce que nous sommes plusieurs copains qui ne savons pas skier et ici c'est idéal pour apprendre. En plus les tarifs de la station sont très attractifs pour les jeunes et l'ambiance est vraiment super".

Côté bénévoles perce cependant un brin d'inquiétude : "Jusqu'à maintenant nous ouvrions la station la deuxième semaine des vacances de Noël et pendant un mois en février pour satisfaire les skieurs venant de toutes les zones scolaires. Il est probable qu'avec le nouveau regroupement, l'ouverture de Bourg d'Oueil soit envisagée durant toute la saison . Que va – t- il se passer ? Les bénévoles ne sont pas tous des retraités même si l'un des plus présents a 77 ans, tous les bénévoles ne résident pas non plus à plein temp dans la vallée, ils organisent leur séjour en fonction de l'actuelle courte période d'ouverture de notre station. Il est difficile d'imaginer que les uns et les autres pourront consacrer trois mois à Bourg d'Oueil... Des professionnels vont-ils occuper tous les postes ? Alors, là , oui, on peut craindre un changement radical... mais si ce qui fait le succès de Bourg d'Oueil transforme la station, la clientèle ne répondra pas présente..."

Il faut souhaiter que les "têtes pensantes" sauront faire une très judicieuse étude et trouver une solution pour faire perdurer l'originalité de la plus petite et plus sympathique station pyrénéenne.

En laissant conclure Henri Jamme, maire de Bourg d'Oueil, nous retrouvons une note d'optimisme.

"Ce changement est très bénéfique, le département a sauvé notre station et je ne peux être que satisfait. Oui, certes, j'ai eu quelques petites remontées négatives mais je vais veiller moi-même à ce que les professionnels fassent aussi bien que les bénévoles en ce qui concernent l’accueil. Etre toujours souriants, ça fait partie de leur travail. C'est notre marque de fabrique et il est donc impératif de maintenir l'ambiance qui contribue au succès de Bourg d'Oueil. Pour des professionnels, c'est une chance de faire un job qui plait, d’avoir affaire à un public qui dans l'ensemble est de bonne humeur. Il faut savoir apprécier cette chance. Nous avons actuellement sept salariés :  es perchistes, le pisteur, le dameur et une caissière que nous avons choisis en accord avec le Syndicat mixte de montagne (SMM). La direction de la station et des remontées mécaniques est assurée par la station du Mourtis, la direction des pistes est assurée par la station de Superbagnères.

"En ce qui concerne l'ouverture plus large de Bourg d'Oueil, les bénévoles ont tôt fait d'être défaitistes et inquiets. Le projet est d'ouvrir pendant les deux semaines des vacances de Noël, puis durant les week-ends de janvier et pendant tout le mois de février / début mars pour accueillir les skieurs de toutes les zones scolaires.

C'est tout à fait possible de trouver des bénévoles qui seront ravis de participer. Pour certains retraités, ne pas être actifs est tout à fait négatif donc ils seront ravis. Je reste très optimiste , si on n'est pas optimiste on n'arrive à rien."
 

Quand le lien tient à un petit noir fumant : un bénévole, Pierre Castebrunet apporte une tasse de café à un perchiste professionnel (Photo © NVF)
Quand le lien tient à un petit noir fumant : un bénévole, Pierre Castebrunet apporte une tasse de café à un perchiste professionnel (Photo © NVF)

En cuisine pour la vinaigrette, M. Demeule aime confectionner ses gaufres au grand air... et un coup de cloche annoncera le moment de la dégustation !  (Photo © NVF)
En cuisine pour la vinaigrette, M. Demeule aime confectionner ses gaufres au grand air... et un coup de cloche annoncera le moment de la dégustation ! (Photo © NVF)

Pierre Castebrunet vient du Tarn et Garonne pour essuyer la vaisselle, ce qu'il avoue ne jamais faire chez lui ! (Photo © NVF)
Pierre Castebrunet vient du Tarn et Garonne pour essuyer la vaisselle, ce qu'il avoue ne jamais faire chez lui ! (Photo © NVF)

En cuisine, tous les bénévoles s'affairent pour satisfaire les gourmets ... Etonnant de voir leur célérité pour éviter l'attente (Photo © NVF)
En cuisine, tous les bénévoles s'affairent pour satisfaire les gourmets ... Etonnant de voir leur célérité pour éviter l'attente (Photo © NVF)

Les bénévoles assurent la location de matériel... ce qui implique beaucoup de travail d'entretien en coulisse (Photo © NVF)
Les bénévoles assurent la location de matériel... ce qui implique beaucoup de travail d'entretien en coulisse (Photo © NVF)

Bénévoles et caissière professionnelle travaillent ensemble (Photo © NVF)
Bénévoles et caissière professionnelle travaillent ensemble (Photo © NVF)

Pierre Castebrunet est le grand-père bonbons de la station pour sécher les larmes des petits... (Photo © NVF)
Pierre Castebrunet est le grand-père bonbons de la station pour sécher les larmes des petits... (Photo © NVF)

Il sait aussi récompenser... les bénévoles gourmands (Photo © NVF)
Il sait aussi récompenser... les bénévoles gourmands (Photo © NVF)

(Photo © NVF)
(Photo © NVF)

(Photo © NVF)
(Photo © NVF)

Le geste tendre d'un perchiste professionnel avec une petite Camille de 5 ans qui découvre le tire-fesses  (Photo © NVF)
Le geste tendre d'un perchiste professionnel avec une petite Camille de 5 ans qui découvre le tire-fesses (Photo © NVF)

L'espace luge est proche des pistes et permet beaucoup d'indépendance aux enfants... et aux parents (Photo © NVF)
L'espace luge est proche des pistes et permet beaucoup d'indépendance aux enfants... et aux parents (Photo © NVF)

La présence de perchistes professionnels est un plus très apprécié des bénévoles pour la maintenance des remonte-pente  (Photo © NVF)
La présence de perchistes professionnels est un plus très apprécié des bénévoles pour la maintenance des remonte-pente (Photo © NVF)

Margot,Camille et Marie-Lou semblent apprécier les savoureuses gaufres de M. Demeule (Photo © NVF)
Margot,Camille et Marie-Lou semblent apprécier les savoureuses gaufres de M. Demeule (Photo © NVF)


La générosité s'affiche et le service est bénévole (Photo © NVF)
La générosité s'affiche et le service est bénévole (Photo © NVF)


1.Posté par Chambrillon Jean-Paul le 06/03/2019 17:49
En deux mots : tout le monde s'accorde à dire, depuis des années, que la petite station de Bourg d'Oueil est sympathique, familiale, que c'est du pur bonheur. Très bien. Elle n'est ouverte qu'un mois voire deux dans une année du fait de son emplacement. Jusqu'à maintenant, comme il est souligné à plusieurs reprises dans le reportage, elle était gérée par des bénévoles que tout les clients appréciaient. Les bénévoles étaient des frais, des "purs et durs", au service du client-ami.
Et voilà que notre cher, très cher conseil départemental reprend à son compte les stations de Haute Garonne. Si j'ai bien lu, ce sont cinq salariés qui ont été embauchés, cinq, ce n'est pas rien. Et il y a toujours les bénévoles, mais pas de pot, les clients-amis sont mécontents et ne retrouvent plus, enfin c'est ce que je crois comprendre, l'ambiance d'avant.
Alors faut qu'on, m'explique la manœuvre. Parce que pour moi, c'est une gestion de gaspillage, mais bon, on sait de quel parti est le conseil départemental, donc on comprend mieux. C'est quand même de l'argent public gaspillé! Voilà, c'est tout.

2.Posté par De Laroche le 06/03/2019 23:37
J’ai découvert la station en février cette année. A presque 60 ans je fais partie de ces cheveux blancs qui accompagnent leurs petits enfants. Bourg d’oueil m’a carrément séduit. Au point qu’apres 20 ans d’abstinence j’ai osé rechausser les skis pour faire quelques descentes avec ma petite fille de 4 ans. Merveilleuse station familiale, super ambiance et bons conseils à la location, j’ai vraiment apprécié la convivialité joyeuse et attentionnée des perchistes. Et les prix sont si abordables ! Aucune tension n’est perceptible. C’est un beau mariage entre pros et bénévoles. Merci. Bravo. Continuez. Vous avez fait de cette station un petit bijou !

3.Posté par ClaireD le 07/03/2019 07:58
Pour que tout soit parfait... Et tout est perfectible !.. Il faut un moniteur de ski... Mais qui de ces messieurs en rouge et blanc veut bien venir à Bourg ?!!

Nouveau commentaire :

Actu | Opinion : la vôtre, la nôtre | Agenda | Culture | Sport | Faits-divers | Tribune libre | Murmures | PUBLICITÉ / CONTACT | ULULE | Luchon Passion | Pub | RDV politique